Le Mali au bout de la nuit : scénario fou et qualification héroïque face à la Tunisie

Publié le 3 janvier 2026 à 23:50

Réduit à dix dès la 26ᵉ minute, mené jusqu’au bout du temps additionnel, le Mali a réalisé l’un des exploits majeurs de cette Coupe d’Afrique des Nations en éliminant la Tunisie au terme d’un match totalement renversant. Arrachée dans les dernières secondes puis scellée aux tirs au but, cette qualification (1-1, 3 tab à 2) propulse les Aigles en quarts de finale.

Un huitième de finale tendu et pauvre en occasions

À Casablanca, ce duel entre deux anciens vainqueurs de la CAN ressemblait davantage à un combat qu’à une démonstration technique. Décevants en phase de groupes, Maliens et Tunisiens étaient attendus au tournant. Le début de rencontre est marqué par un engagement extrême, avec fautes à répétition, imprécisions et très peu d’occasions franches.

Les premières alertes sont timides : Ismaël Gharbi tente sa chance sans cadrer (13ᵉ), tandis que Lassina Sinayoko voit sa frappe contrée (23ᵉ). L’arbitre sort rapidement les cartons, symboles d’un match sous haute tension.

Le Mali réduit à dix avant la demi-heure

Le tournant du match intervient très tôt. Pour une semelle dangereuse sur Hannibal Mejbri, Wojo Coulibaly est expulsé directement à la 26ᵉ minute. Les images confirment une décision sévère mais logique.

Dès lors, le Mali recule et subit. Avec près de 70 % de possession, la Tunisie monopolise le ballon mais peine à se montrer réellement tranchante. Malgré quelques frayeurs, notamment sur un tacle appuyé de Lassana Coulibaly, les Aigles tiennent jusqu’à la pause grâce à une organisation défensive rigoureuse.

La Tunisie pousse, le Mali résiste

En supériorité numérique, la Tunisie prend logiquement le contrôle du jeu au retour des vestiaires. Sur un corner direct, Ali Abdi fait parler son pied gauche, mais Djigui Diarra se montre vigilant (56ᵉ).

Très actif, Mejbri croit obtenir un penalty, mais l’arbitre le sanctionne pour simulation (60ᵉ). Le Mali, malgré l’infériorité numérique, tente de sortir de sa moitié de terrain. À peine entré, Dorgeles Nene tente sa chance de loin, sans succès (63ᵉ).

Le rythme retombe ensuite. Les fautes, les hors-jeu et les imprécisions s’enchaînent. La Tunisie insiste, sans parvenir à faire la différence, jusqu’à ce que le verrou saute enfin.

Une fin de match totalement renversante

À deux minutes du terme, la Tunisie pense avoir fait le plus dur. Sur un centre précis, Firas Chaouat place une tête de l’arrière du crâne qui trompe Diarra (88ᵉ). Le Mali est alors virtuellement éliminé.

Mais dans les arrêts de jeu, les Aigles jettent leurs dernières forces dans la surface adverse. Sur une intervention défensive, Yassine Meriah touche le ballon de la main. Après une longue attente et l’intervention de la VAR, un penalty est accordé. Lassina Sinayoko transforme malgré une main d’Aymen Dahmen (90ᵉ+6). Contre toute attente, le Mali arrache la prolongation.

Diarra, héros absolu jusqu’au bout

Sous la pluie et dans un vent tourbillonnant, la prolongation est marquée par l’euphorie malienne et la frustration tunisienne. Abdi puis Meriah tentent leur chance de loin, sans réussite. La Tunisie croit reprendre l’avantage lorsque Chaouat marque à bout portant, mais le but est annulé pour hors-jeu après vérification VAR (106ᵉ).

La décision se fait donc aux tirs au but. Mené à deux reprises dans la séance après les échecs de Yves Bissouma et Dorgeles Nene, le Mali s’en remet à son gardien. Djigui Diarra stoppe successivement les tentatives d’Elias Achouri et de Mohamed Ben Romdhane.

En dernier tireur, El Bilal Touré ne tremble pas et envoie le Mali en quarts de finale.

Un exploit fondateur pour les Aigles

Au terme d’un scénario totalement improbable, le Mali signe une qualification de caractère, forgée dans la souffrance, la solidarité et l’abnégation. Les Aigles affronteront désormais le Sénégal en quart de finale, avec l’espoir de prolonger cette folle aventure dans la CAN 2025.

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